
Jaquet Droz, l’autre joyau du Swatch Group
Vous connaissez sans doute le Swatch Group, propriétaire de marques emblématiques telles qu’Omega, Longines, Tissot, Hamilton, et bien sûr Swatch. Mais savez-vous qu’au sommet de son segment prestige, aux côtés de Breguet et Blancpain, se trouve une autre maison historique fondée en 1738 ? Son nom : Jaquet Droz.
Un souvenir inoubliable : la poésie mécanique du « Charming Bird »
Je n’oublierai jamais ce moment, il y a quelques années, lors du salon Baselworld, auquel participait alors le Swatch Group. Ce jour-là, j’ai assisté à une démonstration presque religieuse du modèle « Charming Bird » de Jaquet Droz. Cette montre extraordinaire renfermait un automate miniature : un oiseau sifflant à la demande. Jamais encore je n’avais été témoin d’un tel chef-d’œuvre horloger, à l’exception peut-être du Pont des Amoureux chez Van Cleef & Arpels. Une poésie pure, encapsulée dans un garde-temps qui, malgré sa complexité, pouvait être porté au poignet. Bon, d’accord, vous n’irez sans doute pas jouer au padel avec…

Catrina: une nouvelle muse venue du Mexique
Aujourd’hui, Jaquet Droz explore un tout autre univers : celui de la mort, ou plus précisément de la Catrina, figure emblématique de la Fête des morts mexicaine. Contrairement à une idée reçue, la Catrina ne symbolisait pas à l’origine la mort. Créée par le caricaturiste mexicain José Guadalupe Posada, elle se voulait une satire de l’aristocratie mexicaine, représentée sous les traits d’un squelette féminin élégant coiffé d’un large chapeau.
Une pièce unique : la « Catrina Skull Tourbillon en or rouge »
Cette montre exceptionnelle, pièce unique, allie micro-peinture, paillons, et émaillage grand feu dans une virtuosité rare. Pensée pour un seul et unique collectionneur, elle incarne à la fois raffinement, technique et audace.
En s’éloignant des clichés masculins du skull traditionnel, Jaquet Droz propose une vision néo-romantique de la calavera mexicaine à travers cette Catrina, exprimant une forme d’impertinence artistique assumée.
Le visage de Catrina occupe deux tiers du cadran. Chaque élément est minutieusement travaillé :
- Des nuances subtiles de blanc, du visage au sourire.
- Des variations délicates de rose et de violet.
- Des points d’or en paillons, contrastant avec les aiguilles en or rouge.
- Un vert tantôt éclatant, tantôt sombre, qui accentue la profondeur visuelle.
La tête de Catrina est réalisée en micro-peinture, tandis que la base florale à gauche du cadran est en émaillé grand feu. Gravé à la main dans une plaque d’or de 1,1 mm d’épaisseur, chaque élément de feuillage présente une profondeur unique, révélée par de multiples cuissons.

Paillons et tourbillon : fusion d’art et de mécanique
Les points d’or ne sont pas simplement peints, mais réalisés selon la technique ancestrale des paillons. Jaquet Droz utilise depuis près de trois siècles cette méthode qui consiste à capturer de minuscules motifs ciselés à la main dans une feuille d’or, enfermés sous une couche de vernis invisible. En contraste avec la légèreté du dessin à main levée, un tourbillon de haute précision trône à midi. Situé dans l’orbite oculaire de Catrina, il déploie une mécanique impressionnante, avec 8 jours de réserve de marche.

Une maison à contre-courant, fidèle à elle-même
Cette création rejoint une lignée de pièces d’exception, comme la Tourbillon Skelet Saphir Bushido, la Tourbillon Dragon White Gold John Howe, ou encore l’étonnante Heure Ophidienne, célébrant la symbolique du serpent.
Toutes ces montres sont à la fois œuvres d’art et manifestes horlogers. Certaines, volontairement audacieuses, ne plairont pas à tous. Et c’est tant mieux. Jaquet Droz suit sa propre voie, fidèle à sa vision « 8.0 », toujours là où on ne l’attend pas.
Unique depuis 1738, la maison Jaquet Droz reste et restera ce qu’elle a toujours été : disruptive et visionnaire.
Jaquet Droz Catrina Skull tourbillon rouge : prix non communiqué (pièce déjà vendue)
Photos : DR